Longs trajets d'été en voiture, vols vers la destination de vacances : rester assis des heures sans bouger n'est pas anodin. L'immobilité prolongée favorise la formation de caillots dans les jambes — la phlébite du voyageur. Le risque reste faible, mais il se prévient facilement. Voici comment.
La phlébite, ou thrombose veineuse profonde, correspond à la formation d'un caillot dans une veine profonde, le plus souvent au mollet ou à la cuisse.
Lors d'un long trajet — avion, voiture, train ou car — l'immobilité prolongée ralentit la circulation du sang dans les jambes (la « stase veineuse ») et favorise ce caillot. C'est ce qu'on appelait autrefois le « syndrome de la classe économique », mais il n'a rien de réservé à l'avion.
Sa complication redoutée, rare mais grave : l'embolie pulmonaire, quand le caillot migre vers les poumons.
Pourquoi les longs trajets sont en cause
Rester assis plusieurs heures, jambes repliées, sans contracter les muscles du mollet, ralentit le retour veineux vers le cœur. À cela s'ajoutent, en avion, la déshydratation liée à la pressurisation de la cabine et le manque de place pour bouger. Selon les travaux de l'Organisation mondiale de la santé, le risque de thromboembolie veineuse est environ multiplié par deux à partir de quatre heures de voyage. Le risque de départ reste faible, mais il devient significatif chez les personnes prédisposées.
Reconnaître les symptômes
✔ Les signes d'alerte
- Douleur ou tension dans un mollet, souvent d'un seul côté
- Gonflement de la jambe, de la cheville ou du mollet
- Rougeur et sensation de chaleur localisées
- Parfois aucun symptôme : la phlébite peut être silencieuse
Êtes-vous une personne à risque ?
Certains profils cumulent les facteurs favorisants et justifient une prévention renforcée :
✔ Facteurs de risque à connaître
- Antécédents personnels ou familiaux de phlébite ou d'embolie
- Âge avancé, surpoids ou très grande taille
- Grossesse ou contraception hormonale
- Chirurgie récente, immobilisation (plâtre) ou cancer
- Varices ou insuffisance veineuse connue
Si vous vous reconnaissez dans cette liste et prévoyez un long trajet, un avis médical avant le départ est recommandé.
Comment prévenir la phlébite en voyage
La bonne nouvelle : quelques gestes simples suffisent à réduire nettement le risque.
✔ Les réflexes anti-phlébite
- Bougez souvent : levez-vous et marchez régulièrement (couloir de l'avion, arrêts en voiture)
- Faites travailler les mollets : flexions-extensions des chevilles, pointes de pieds, même assis
- Ne croisez pas les jambes et évitez les vêtements trop serrés
- Hydratez-vous : environ un litre d'eau toutes les quatre heures
- Évitez les somnifères et l'alcool, qui accentuent l'immobilité
- Portez des bas de contention si vous êtes à risque : ils aident le sang à remonter
Voyage médical : une vigilance supplémentaire
Si votre déplacement est lié à une intervention (avant ou après une chirurgie, notamment esthétique), le risque veineux mérite une attention particulière : la chirurgie récente est elle-même un facteur de risque. Anticipez le sujet avec votre praticien, respectez les délais conseillés avant de reprendre l'avion, et suivez les consignes de mobilité et de compression. Un parcours de soins bien organisé intègre cette dimension.
À lire aussi sur Evitalink
✔ Nos ressources santé & voyage
Questions fréquentes — phlébite et voyage
À partir de combien de temps de trajet y a-t-il un risque de phlébite ?
Le risque augmente nettement à partir de 4 heures d'immobilité, quel que soit le mode de transport (avion, voiture, train, car). Selon les travaux de l'OMS, le risque de thrombose veineuse est environ multiplié par deux après un trajet de quatre heures ou plus. Le risque global reste faible, mais il grimpe pour les personnes prédisposées.
Quels sont les symptômes d'une phlébite ?
Une phlébite se manifeste souvent par une douleur, un gonflement, une rougeur ou une sensation de chaleur au niveau du mollet ou de la cuisse, généralement d'un seul côté. Elle peut aussi être totalement silencieuse. En cas de douleur au mollet, d'essoufflement brutal ou de douleur à la poitrine après un long trajet, il faut consulter en urgence : cela peut signaler une embolie pulmonaire.
Qui est le plus à risque ?
Les personnes âgées, en surpoids, de très grande taille, ayant des antécédents personnels ou familiaux de thrombose, les femmes enceintes ou sous contraception hormonale, les personnes ayant subi une chirurgie récente ou atteintes d'un cancer. Pour ces profils, des mesures de prévention renforcées sont recommandées.
Les bas de contention sont-ils efficaces ?
Oui, les bas ou chaussettes de compression aident le sang à circuler et réduisent l'œdème et l'inconfort lors des longs trajets. Ils sont particulièrement conseillés aux personnes à risque. Pour les profils à risque élevé, un médecin peut prescrire en complément un traitement anticoagulant avant le départ.
Faut-il prendre de l'aspirine avant un long vol ?
Non, ce n'est pas recommandé en prévention. L'efficacité de l'aspirine contre la phlébite et l'embolie pulmonaire n'est pas démontrée, et elle présente des contre-indications, notamment en cas d'association à certains anticoagulants. Mieux vaut privilégier la mobilité, l'hydratation et, si besoin, la compression veineuse, sur avis médical.
Un long trajet ou un voyage médical en vue ?
Antécédents veineux, grossesse, chirurgie récente : un avis médical avant le départ permet d'adapter votre prévention.
Demander un avis médicalNous contacter