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Pilule désogestrel et méningiome : faut-il arrêter Cerazette, Optimizette ? Ce que dit l’ANSM

Pilule désogestrel et méningiome : faut-il arrêter Cerazette, Optimizette ? Ce que dit l’ANSM

Vous avez reçu un courrier de l'ANSM au sujet de votre pilule Cerazette, Optimizette, Antigone ou d'un générique au désogestrel ? Vous n'êtes pas seule : environ 1,6 million de femmes en France sont concernées. Ce courrier parle d'un risque très faible de méningiome, une tumeur le plus souvent bénigne. Pas de panique, et surtout, n'arrêtez pas votre pilule du jour au lendemain. Voici ce qu'il faut vraiment savoir, chiffres à l'appui.

1,6 M
de femmes ont reçu le courrier de l'ANSM
1 / 67 300
un cas supplémentaire pour environ 67 300 utilisatrices
× 2
risque au-delà de 7 ans d'utilisation
1 an
après l'arrêt, le sur-risque disparaît

📩 Ce que dit l'ANSM, en résumé

En juillet 2026, l'Agence européenne du médicament (EMA) a demandé d'ajouter le risque de méningiome dans les notices des contraceptifs à base de désogestrel et d'étonogestrel. Cette décision s'appuie notamment sur une étude française du groupement EPI-PHARE (ANSM et Assurance maladie), publiée en décembre 2024, à partir des données de l'Assurance maladie.

Depuis le 10 septembre 2026, l'ANSM envoie un courrier personnalisé à environ 1,6 million de femmes ayant eu une prescription remboursée de pilule au désogestrel 75 µg dans les 12 derniers mois. Les médecins, sages-femmes et pharmaciens ont aussi été informés.

💡 Le message essentiel

Recevoir ce courrier ne veut pas dire qu'un méningiome est suspecté chez vous. L'immense majorité des femmes qui prennent du désogestrel ne développeront jamais de méningiome. Le but est de vous informer pour que vous puissiez en parler à votre prochaine consultation.

📊 Quel est le risque réel ?

Il est très faible. Pour mettre les chiffres en perspective : dans la population générale, on compte environ 9 à 10 nouveaux méningiomes pour 100 000 personnes par an.

Situation Ce que montrent les données
Moins d'un an d'utilisation ✓ Pas de sur-risque mis en évidence
Au moins un an Environ 1 cas supplémentaire pour 67 300 femmes
Plus de 5 ans Risque multiplié par 1,7, soit environ 1 cas supplémentaire pour 17 000 femmes
Plus de 7 ans Risque multiplié par 2
Après 45 ans Risque un peu plus élevé
Progestatif à risque pris auparavant Risque significatif dès la première année
Un an après l'arrêt ✓ Le sur-risque n'est plus observé

Les progestatifs à risque plus élevé, connus depuis plusieurs années, sont notamment l'acétate de cyprotérone (Androcur), le nomégestrol (Lutényl), la chlormadinone (Lutéran), ainsi que la médrogestone (Colprone), la médroxyprogestérone injectable (Depo-Provera) et la promégestone. Si vous en avez pris pendant plus d'un an, signalez-le à votre médecin.

💊 Quelles pilules et contraceptifs sont concernés ?

Contraceptif Exemples Statut
Pilule au désogestrel seul (75 µg) Cerazette, Antigone, Elfasette, Optimizette, génériques Risque mis en évidence, courrier envoyé
Pilule combinée au désogestrel Mercilon, Varnoline, Desobel, génériques Notice mise à jour par précaution
Implant à l'étonogestrel Nexplanon Notice mise à jour, pas de données directes
Anneau vaginal à l'étonogestrel Nuvaring, Etoring, génériques Notice mise à jour, pas de données directes

L'étonogestrel est la forme active du désogestrel dans l'organisme : c'est pourquoi l'implant et l'anneau sont concernés par la mise à jour des notices, même si le risque n'a pas été directement mesuré chez leurs utilisatrices. Celles-ci n'ont pas reçu de courrier personnalisé.

🧠 Qu'est-ce qu'un méningiome ?

Un méningiome est une tumeur qui se développe à partir des méninges, les membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Dans la très grande majorité des cas, il est bénin (non cancéreux) et grossit lentement. Beaucoup ne donnent aucun symptôme et sont découverts par hasard. Selon sa taille et sa localisation, il peut toutefois comprimer des structures voisines et nécessiter un traitement.

Les méningiomes liés aux progestatifs ont une particularité intéressante : ils peuvent se stabiliser, voire diminuer, après l'arrêt du traitement hormonal.

⚠️ Consultez si vous avez ces symptômes
  • Maux de tête persistants, inhabituels ou qui s'aggravent
  • Troubles de la vision
  • Perte d'audition ou d'odorat
  • Troubles de la parole ou de l'équilibre
  • Faiblesse d'un bras ou d'une jambe
  • Troubles de la mémoire
  • Convulsions ou épilepsie nouvelle ou qui s'aggrave

Ces signes peuvent avoir bien d'autres causes, mais ils justifient de consulter un médecin.

✅ Que faire si vous prenez du désogestrel ?

1
Ne pas arrêter votre pilule de vous-même
Un arrêt brutal vous expose à une grossesse non désirée. Le risque de méningiome est très faible et lié à une utilisation longue : quelques semaines de plus ne changent rien.
2
En parler à votre prochaine consultation
Sans symptôme, aucun rendez-vous en urgence n'est nécessaire. Profitez de votre consultation de routine (la contraception doit être réévaluée chaque année) avec votre médecin ou votre sage-femme.
3
Préparer les bonnes informations
Depuis combien d'années prenez-vous du désogestrel ? Avez-vous déjà pris Androcur, Lutényl, Lutéran ou un autre progestatif, même il y a longtemps, et pendant combien de temps ?
4
Choisir ensemble la suite
Poursuivre, changer de contraception ou, après 45 ans, réévaluer la nécessité de continuer : la décision se prend avec le professionnel de santé, selon votre situation.

🩻 IRM : dans quels cas ?

Une IRM cérébrale systématique n'est pas recommandée pour toutes les utilisatrices de désogestrel. Elle n'est envisagée que dans deux situations :

  • en cas de symptômes évocateurs d'un méningiome (voir la liste plus haut) ;
  • au début du traitement, si vous avez pris pendant plus d'un an un ou plusieurs progestatifs à risque plus élevé (cyprotérone, chlormadinone, nomégestrol, médrogestone, médroxyprogestérone, promégestone).

Si un méningiome est découvert, le traitement est arrêté et la patiente est orientée vers un neurochirurgien. Le désogestrel est désormais contre-indiqué chez les femmes ayant ou ayant eu un méningiome.

🔄 Les alternatives contraceptives à discuter

Si vous souhaitez changer de contraception, plusieurs options existent. Chacune a ses avantages et ses contre-indications : le choix se fait avec votre médecin ou votre sage-femme.

🔩 Stérilet au cuivre Sans hormone

Efficace plusieurs années, il ne contient aucune hormone et n'est donc pas concerné par le risque lié aux progestatifs.

✓ Atouts
  • Aucune hormone
  • Longue durée
  • Rien à penser au quotidien
✗ À savoir
  • Règles parfois plus abondantes
  • Pose par un professionnel

💧 Stérilet hormonal au lévonorgestrel Faible dose

Il libère localement une faible dose de progestatif. Il n'a pas été associé à un sur-risque de méningiome dans les études françaises disponibles à ce jour, mais votre médecin vous dira s'il vous convient.

✓ Atouts
  • Très efficace
  • Règles souvent réduites
  • Plusieurs années
✗ À savoir
  • Contient une hormone
  • Saignements irréguliers au début

💊 Autres pilules Selon votre profil

D'autres pilules progestatives ou combinées existent. Les pilules combinées contiennent des œstrogènes, qui ne conviennent pas à toutes les femmes (tabac après 35 ans, migraines avec aura, antécédents de thrombose…).

✓ Atouts
  • Changement simple
  • Nombreuses options
✗ À savoir
  • Contre-indications à vérifier
  • Prise quotidienne

📌 Cas particuliers

Vous avez plus de 45 ans

Le risque est un peu plus élevé, et l'approche de la ménopause change la donne. L'ANSM demande aux prescripteurs de réévaluer la pertinence de poursuivre la contraception à partir de 45 ans. Parlez-en à votre prochain rendez-vous.

Vous avez un projet de grossesse

Si vous prévoyez d'arrêter votre pilule pour avoir un enfant, c'est le bon moment pour faire le point avec votre médecin. La fertilité revient en général rapidement après l'arrêt d'une pilule progestative. Si la grossesse tarde à venir, un bilan de fertilité peut être proposé.

Vous vivez au Maroc ou y faites vos achats de pilule

Les pilules au désogestrel sont aussi commercialisées au Maroc. Les données sur le risque sont les mêmes, quel que soit le pays d'achat. Les femmes qui achètent leur pilule au Maroc ne reçoivent pas le courrier de l'ANSM : les mêmes conseils s'appliquent, à discuter avec votre médecin ou gynécologue.

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❓ Questions fréquentes

Pourquoi ai-je reçu un courrier de l'ANSM sur ma pilule ?
Depuis le 10 septembre 2026, l'ANSM envoie un courrier personnalisé à environ 1,6 million de femmes ayant eu une prescription remboursée de pilule au désogestrel 75 µg dans les 12 derniers mois, pour les informer d'un risque très faible de méningiome. Recevoir ce courrier ne signifie pas qu'un méningiome est suspecté chez vous.
Quel est le risque de méningiome avec le désogestrel ?
Le risque est très faible : selon l'ANSM, environ un cas supplémentaire pour 67 300 femmes utilisant le désogestrel depuis au moins un an. Il augmente avec la durée : multiplié par 1,7 au-delà de 5 ans et par 2 au-delà de 7 ans. Il est un peu plus élevé après 45 ans et disparaît un an après l'arrêt.
Faut-il arrêter Cerazette ou Optimizette ?
Non, pas de vous-même. Un arrêt brutal expose à une grossesse non désirée. L'ANSM recommande d'en parler à votre médecin ou sage-femme lors de votre prochaine consultation de routine. Sans symptôme, aucun rendez-vous en urgence n'est nécessaire.
Quelles pilules sont concernées par le risque de méningiome ?
Les pilules au désogestrel seul (Cerazette, Antigone, Elfasette, Optimizette et génériques) sont celles pour lesquelles le risque a été mis en évidence. Les notices des pilules combinées au désogestrel (Mercilon, Varnoline, Desobel et génériques), de l'implant Nexplanon et des anneaux vaginaux à l'étonogestrel (Nuvaring, Etoring) sont aussi mises à jour par précaution.
Faut-il faire une IRM si l'on prend du désogestrel ?
Non, pas systématiquement. Une IRM est envisagée en cas de symptômes évocateurs, ou au début du traitement si vous avez pris pendant plus d'un an un progestatif à risque plus élevé (cyprotérone, chlormadinone, nomégestrol, par exemple). C'est votre médecin qui décide.
Quels sont les symptômes d'un méningiome ?
Un méningiome est le plus souvent bénin et sans symptôme. Il faut consulter en cas de maux de tête persistants ou qui s'aggravent, troubles de la vision, perte d'audition ou d'odorat, troubles de la parole ou de l'équilibre, faiblesse d'un bras ou d'une jambe, troubles de la mémoire, ou convulsions.
Le risque disparaît-il après l'arrêt de la pilule ?
Oui. Selon l'ANSM, le sur-risque de méningiome n'est plus observé un an après l'arrêt du désogestrel.

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Sources :

• ANSM — « L'ANSM diffuse une lettre personnalisée pour informer les femmes du très faible risque de méningiome associé à la contraception à base de désogestrel » (10 septembre 2026)

• ANSM — « Contraception à base de désogestrel et étonogestrel : les notices évoluent pour mieux informer sur le risque rare de méningiome »

• Vidal — « Désogestrel et risque très faible de méningiome : le courrier de l'ANSM et ses recommandations » (10 septembre 2026)

• EPI-PHARE — Contraception orale progestative et risque de méningiome intracrânien (décembre 2024)

• Agence européenne du médicament (EMA) — Recommandation de juillet 2026

Article à jour au 12 octobre 2026. Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis de votre médecin, gynécologue ou sage-femme. N'arrêtez jamais votre contraception sans avis médical.